Dérivation de la rivière Rupert
Un kilowatt vert : une goutte d’eau rentable
Une eau turbinée quatre fois
La dérivation Rupert, mise en service le 7 novembre 2009, achemine depuis le 3 décembre 2009 une partie des eaux de la Rupert vers la centrale de l’Eastmain‑1 et les deux nouvelles centrales, puis vers les centrales Robert‑Bourassa, La Grande‑2‑A et La Grande‑1. Le débit annuel moyen dérivé est de 452 m3/s, soit 52 % (en moyenne) des apports du bassin versant de la Rupert. La dérivation a exigé la mise en place de 4 barrages, dont le barrage de la Rupert au PK 314 de la rivière, et de 74 digues. Ces ouvrages de retenue ont créé deux biefs, soit le bief Rupert amont et le bief Rupert aval, d’une superficie totale d’environ 346 km2 à leur niveau maximal.
La force d’une rivière
Construction de l’évacuateur de crues de la Rupert
Plus de la moitié des eaux dérivées vers les centrales
La rivière Rupert s’étend sur quelque 560 km du lac Mistassini à la baie de Rupert. Un barrage a été aménagé à 314 km de l’embouchure. À cet endroit, 71 % de l’eau de la Rupert est dérivée vers le Nord et 29 % suit son cours naturel. Entre le barrage et l’embouchure, les affluents continuent d’alimenter la rivière. Ainsi, le débit à l’embouchure de la Rupert, près de Waskaganish, correspond à 48 % du débit moyen de la rivière. Au total, environ 52 % des eaux du bassin versant de la Rupert ont été dérivées vers les centrales de l’Eastmain‑1 et Bernard‑Landry.
Création de deux biefs de dérivation
La réorientation des eaux vers les centrales a entraîné la création de deux biefs, les biefs Rupert amont et aval. Pour contenir les eaux dérivées dans les biefs et les diriger vers le nord, des barrages, des canaux et des digues ont été construits. Un tunnel d’environ 2,9 km sert au transfert des eaux du bief amont au bief aval. Ces ouvrages ont été conçus de manière à réduire au minimum les superficies ennoyées.
Débits réservés
Vue aérienne de la rivière Rupert au seuil du PK 110,3
Un débit selon les cycles biologiques
Afin de protéger l’habitat du poisson et de permettre la navigation et la pêche, on applique un régime de débits réservés écologiques en aval du barrage de la Rupert. Un évacuateur de crues qui fait office d’ouvrage régulateur laisse passer un débit modulé selon quatre grands cycles biologiques pour le poisson, soit la fraie printanière, l’alimentation estivale, la fraie automnale et l’incubation hivernale.
Dans les rivières Lemare et Nemiscau, deux affluents de la Rupert, des ouvrages de restitution permettent de maintenir des débits équivalents à ceux observés en conditions naturelles.
Débits réservés de la Rupert au point de dérivation
| Débit printanier | Débit estival | Débit automnal | Débit hivernal | Débit moyen annuel |
|---|---|---|---|---|
| 416 m3/s | 127 m3/s | 267 m3/s | 127 m3/s | 181 m3/s |
| Débit printanier | 416 m3/s |
|---|---|
| Débit estival | 127 m3/s |
| Débit automnal | 267 m3/s |
| Débit hivernal | 127 m3/s |
| Débit moyen annuel | 181 m3/s |
Ouvrages hydrauliques en aval du barrage
Barrage et évacuateur de crues de la rivière Rupert
Qu’est‑ce qu’un bief de dérivation ?
La dérivation partielle de la rivière Rupert a nécessité la construction d’une série d’ouvrages hydrauliques et de retenue, dont un barrage en enrochement dans la rivière Rupert et trois barrages en sable et en gravier, l’un dans la Lemare et deux dans la Nemiscau. Un tunnel d’environ 2,9 km a également été construit entre les bassins de la Lemare et de la Nemiscau ainsi que 9 canaux et 74 digues.
Ces ouvrages ont permis de créer deux biefs reliés par le tunnel, par lesquels transitent les eaux dérivées vers le réservoir de la Paix des Braves. Le débit moyen annuel net dérivé prévu est de 452,6 m3/s et ne dépassera pas 800 m3/s. Contrairement à un réservoir, un bief n’a pas de capacité d’emmagasinement.
Vue aérienne du PK 170 de la rivière Rupert
Bief amont
Ce bief est situé en amont du tunnel de transfert. Il fait 50 km de long et a une superficie de 228,7 km2. On y trouve le barrage de la Rupert et l’évacuateur de crues, ainsi que le barrage Lemare et l’ouvrage de restitution de débits.
- 33 digues ont été construites afin de fermer les côtes ouest et nord du bief Rupert amont.
- Grâce à 4 canaux, l’eau dérivée de la Rupert peut atteindre le bassin versant de la rivière Lemare et limiter le niveau maximal des plans d’eau et des superficies ennoyées.
Bief aval
Celui-ci est situé en aval du tunnel de transfert. Il fait 44 km de long et a une superficie de 117,5 km2. On y trouve le barrage de la Nemiscau‑1, le barrage de la Nemiscau‑2 et leur ouvrage de restitution de débits respectif.
- 41 digues ont été construites pour fermer le bief.
- 5 canaux ont été aménagés pour permettre un bon écoulement de l’eau.
- Ces travaux ont nécessité le déplacement partiel de trois lignes de transport existantes.