Complexe de
l’Eastmain‑Sarcelle‑Rupert
Un peu d’histoire
Situées dans la région administrative du Nord‑du‑Québec, les centrales Bernard‑Landry (initialement appelée centrale de l’Eastmain‑1‑A) et de la Sarcelle, dont la construction a débuté en février 2007, ont été mises en service en 2012 et en 2013. La dérivation partielle de la rivière Rupert a été terminée en novembre 2009.
Principales composantes
Vue aérienne des centrales Bernard‑Landry et Eastmain‑1
Le projet de l’Eastmain‑1‑A‑Sarcelle‑Rupert a accru la production d’Hydro‑Québec d’environ 8,7 TWh grâce aux installations suivantes :
- la centrale Bernard‑Landry, d’une puissance installée de 768 MW, située à proximité de la centrale de l’Eastmain‑1;
- la centrale de la Sarcelle, d’une puissance installée de 150 MW, située à l’exutoire du réservoir Opinaca;
- la dérivation partielle de la rivière Rupert qui comprend quatre barrages, un ouvrage de restitution des débits réservés et un réseau de canaux acheminant une partie des eaux de la rivière Rupert vers les deux nouvelles centrales, puis vers les centrales Robert‑Bourassa, La Grande 2‑A et La Grande‑1;
- deux biefs en amont du barrage de la Rupert d’une superficie totale d’environ 346 km² reliés par le tunnel de transfert Tommy‑Neeposh de 2,9 km de longueur;
- huit ouvrages hydrauliques (seuils, épis et tapis en enrochement) en aval du barrage de la Rupert qui maintiennent le niveau de l’eau sur près de la moitié du cours de la rivière Rupert.
Avantages et descriptions des installations
Construction de la centrale de la Sarcelle
Construction de la centrale Bernard‑Landry
Avantages
Optimisation de la capacité de production
Le principal avantage des installations construites dans le cadre du projet de l’Eastmain‑1A‑Sarcelle‑Rupert est l’optimisation de la capacité de production de certaines centrales existantes pour un ajout de 8,7 Twh à la production du parc hydroélectrique. Ainsi, après avoir franchi les turbines des centrales de l’Eastmain‑1 ou Bernard‑Landry et de la Sarcelle, l’eau poursuit sa route vers les centrales Robert‑Bourassa, La Grande‑2‑A et La Grande‑1.
Intégration de la production au réseau
Pour intégrer la production des nouvelles centrales au réseau, on a construit une ligne à 315 kV entre les postes de départ des centrales de l’Eastmain‑1 (construite en 2011) et Bernard‑Landry et une autre entre les postes de départ des centrales de la Sarcelle et de l’Eastmain‑1.
Centrale Bernard‑Landry et poste de départ en hiver
Description
Centrales
La centrale Bernard‑Landry (initialement appelée centrale de l’Eastmain‑1‑A), d’une puissance installée de 768 MW et d’un débit maximal de 1 344 m3/s, est située à proximité de la centrale de l’Eastmain‑1. De son côté, la centrale de la Sarcelle, d’une puissance installée de 150 MW et d’un débit maximal de 1 380 m3/s, est située à l’exutoire du réservoir Opinaca‑et son débit annuel moyen dérivé s’établit à 452 m3/s.
Autres installations :
- La dérivation partielle de la rivière Rupert qui comprend quatre barrages, un ouvrage de restitution des débits réservés et un réseau de canaux acheminant une partie des eaux de la rivière Rupert vers les deux nouvelles centrales, puis vers les centrales Robert-Bourassa, La Grande 2‑A et La Grande‑1.
- 74 digues.
- 2 biefs de dérivation en amont du barrage de la Rupert d’une superficie totale d’environ 346 km2 à leur niveau maximal reliés par un tunnel de 2,9 km de longueur.
- 8 ouvrages hydrauliques (seuils, épis et tapis en enrochement) en aval du barrage de la Rupert permettant de maintenir le niveau d’eau sur près de la moitié du cours de la rivière après la dérivation et tous achevés en 2010.
- 1 évacuateur de crues sur la Rupert, au site du barrage, servant aussi d’ouvrage de restitution des débits réservés.
- 5 autres ouvrages de restitution de débits intégrés à certains ouvrages de retenue des biefs (Nemiscau‑1, Nemiscau‑2, Ruisseau‑Arques, Lemare et LR‑51‑52).
- 1 tunnel de transfert de 2,9 km de longueur entre les deux biefs, où le débit maximal autorisé est de 800 m3/s.
- 9 canaux (4 dans le bief amont et 5 dans le bief aval) d’environ 7 km, qui facilitent l’écoulement des eaux entre les différentes parties des biefs.
Historique et moments‑clés
Construction du tunnel de transfert
Complexe de l’Eastmain‑Sarcelle‑Rupert
En 1993, le Conseil exécutif du gouvernement du Québec autorise Hydro‑Québec, par décret, à construire l’aménagement de l’Eastmain‑1. Le ministère de l’Environnement (MENV)1 délivre alors l’autorisation de construire la centrale, en vertu de l’article 22 de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE).
1 Aujourd’hui, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
De 1998 à 2001 : Hydro‑Québec élabore une version préliminaire du projet en collaboration avec les Cris.
Février 2002 : Avec la signature de la Paix des Braves, les Cris de la Baie‑James consentent à la réalisation du projet sous réserve des conditions prévues dans la Convention Boumhounan et à condition que le projet soit soumis à la législation applicable. La Convention Nadoshtin, entente de collaboration entre les Cris, Hydro‑Québec et la SEBJ en relation avec l’aménagement de l’Eastmain‑1, établit plusieurs dispositions relatives au suivi environnemental du projet et fait place à la participation des Cris aux études de suivi environnemental.
De février 2002 à décembre 2004 : Hydro‑Québec, en collaboration avec les Cris, optimise la conception du projet et réalise l’étude d’impact sur l’environnement en conformité avec les directives des gouvernements du Québec et du Canada. Décembre 2004 : Hydro‑Québec Production dépose l’étude d’impact des centrales Bernard‑Landry (alors de l’Eastmain‑1‑A) et de la Sarcelle ainsi que de la dérivation Rupert (Hydro‑Québec, 2004) auprès des autorités gouvernementales.
Avril 2005 : Préalablement approuvé par les Cris, le Plan directeur du Programme de suivi environnemental (PSE‑EM‑1) (SEBJ et Hydro‑Québec, 2005) est déposé auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP)1.
Juin 2006 : Hydro‑Québec élabore des méthodes de suivi décrivant les objectifs, la zone d’étude, les méthodes proposées, le calendrier de suivi et l’origine des engagements.
24 novembre 2006 et 7 février 2007 : Au terme d’un rigoureux processus d’évaluation environnementale, Hydro‑Québec obtient les autorisations gouvernementales nécessaires pour entreprendre la réalisation du projet des centrales Robert‑Landry et de la Sarcelle et de la dérivation Rupert. Le jugeant acceptable sur les plans environnemental, social et technico‑économique, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) l’autorise en novembre 2006. Pêches et Océans Canada (MPO) ainsi que le ministère des Transports, des Infrastructures et des Collectivités (Transports Canada) emboîtent le pas en février 2007.
Septembre 2007 : Début du comité de suivi et de la mise en œuvre du programme de suivi environnemental
Le 3 décembre 2009 : La dérivation Rupert, mise en exploitation le 7 novembre 2009, achemine une partie des eaux de la Rupert vers la centrale de l’Eastmain‑1 et les deux nouvelles centrales, puis vers les centrales Robert‑Bourassa, La Grande‑2‑A et La Grande‑1.
Janvier 2012 : La centrale Bernard‑Landry est en service.
Décembre 2013 : La centrale de la Sarcelle est en service.
1 Aujourd’hui, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.